Montagne

Ouverture de la Pêche en lacs d’altitude

 Plaisir de pêcher en lac d'altitude.


Plaisir de pêcher en lac d’altitude.

Dans cette rubrique sur la pêche, le P’tit Pyrénéen vous propose de façon régulière des conseils sur les différentes méthodes de pêche, que ce soit en montagne ou en plaine. Ces conseils vous sont donnés par notre spécialiste « pêche » Alphonse Arias.

Par rapport aux conditions exceptionnelles de cette année 2013, très peu de lacs sont accessibles et dégelés ce samedi 25 mai. Les Fédérations départementales de pêche vous invitent à la plus grande prudence, et à vous renseigner sur l’état des routes et chemins d’accès auprès des gendarmeries locales et offices de tourisme.
Un lac doit être dégelé ou partiellement dégelé de manière naturelle, pour pouvoir y pratiquer la pêche. Dans les Hautes-Pyrénées, quelques lacs sont praticables dès l’ouverture : Orédon, L’Oule, le Tech, Estaing, Suyen, Gloriettes, Gaube, Isaby… Attention la route est fermée pour l’accès à Orédon à partir d’Artigusse.

L’omble chevalier…

L’omble chevalier est un poisson de la famille des saumons. Originaire de l’Arctique, il a été introduit dans les lacs pyrénéens au milieu des années 1930. Alphonse Arias nous éclaire sur la pêche à l’omble.

Voilà de quoi quitter les eaux vives pour un parcours santé. Enfin, les lacs de montagne avec une marche d’approche en fonction de votre forme physique, à défaut quelques lacs ou barrages accessibles en voiture, vont avoir notre visite, canne à la main ! Parfois les ombles côtoient leurs cousines germaines les truites farios ou arcen-ciel. La surface du lac frisée par le vent et un ciel pas franchement bleu, sont souvent des facteurs favorables. Toutefois pour les grandes profondeurs et surtout pour l’omble chevalier, le soleil semble être un allié.
Alphonse Arias, notre spécialiste de la pêche, explique : « Je pense qu’ils sont presque aussi capricieux et fantasques que le sandre. Assez souvent tout ou rien. En début de saison, généralement juin ou avant si certains lacs sont déjà ouverts une technique simple marche très bien. Il s’agit de mettre en dérivation deux bas de ligne (lorsque deux hameçons par ligne sont autorisés) de 10 à 15 cm de longueur séparés de 40 cm en 0,16 transparent, fixés sur un nylon de même diamètre relié à la ligne (tresse fluo en 0,08 ou 0,10) par un émerillon à agrafe. À l’autre bout, un deuxième émerillon à agrafe sur lequel on pendra un fil cassant de 30 à 60 cm selon la nature du fond avec un lest de 8 à 15 gr. Les hameçons seront eschés d’une teigne et d’un ver, avec une préférence pour la teigne dans plus de 15 m de profondeur. On peut pêcher au tendu ou semi-tendu mais, le fin du fin c’est de faire une tirette douce et excessivement lente. Quelques tours de manivelle, ligne toujours tendue, on laisse reposer au fond deux secondes et ainsi de suite. S’il y a des obstacles accrocheurs il conviendra de ramener rapidement avant de s’empêtrer. À défaut le fil cassant devrait user de ses fonctions. »

Fosses profondes

L’omble chevalier réagit bien à des appâts qui se déplacent puis qui se posent sur le fond. Il affectionne les fosses profondes et il est parfois nécessaire de lancer assez loin pour être certain de tomber au plus profond. Trois ou quatre semaines après l’ouverture les lacs d’altitude se réchauffent et la nourriture se met à proliférer. Les appâts naturels classiques n’ont plus beaucoup de succès, les vairons et les leurres idem ! Sauf de temps en temps…
Il vaut mieux alors remplacer les appâts naturels par des imitations de petites larves. Elles sont faciles à faire, de préférence avec le petit nécessaire des monteurs de mouche.
« J’utilise personnellement des hameçons bronzés n°16. Deux tours de fil sur toute la hampe jusqu’à la courbe et le tour est joué. Je fais simple, une seule couleur par mouche. Après tout, ce sont des mouches sans le hackle. Ça peut ressembler à des petits insectes noyés, à des larves de moustiques ou encore à des vermisseaux. Les couleurs qui me donnent le plus de satisfactions sont le rouge, le vert clair et vert olive, le violet, le jaune, le marron et à un degré moindre le noir. Selon la réglementation il est possible d’en mettre trois sur la ligne (se renseigner sur le guide officiel ou sur l’arrêté préfectoral du département). Bien sûr, l’on peut trouver ce genre d’imitation chez les détaillants : plus jolies, mieux faites, bicolores ou multicolores. En les fabriquant chez moi j’ai des tourbillons d’images fabuleuses. Je m’imagine arpentant les sentiers d’accès aux lacs d’altitude. J’ai déjà l’ivresse des sommets et je sens l’air pur et oxygéné qui tanne le plumage du lagopède. Celles que je fabrique sont certes moins bien finies, moins belles mais pour le moins tout aussi efficace, me semble t-il ! Le poisson ne se laisse pas forcément séduire par un leurre parce qu’il est beau. »

Ferrage immédiat

La technique est identique à celle utilisée avec les appâts naturels, sauf que le ferrage doit être immédiat ! On peut utiliser la bombette plongeante, les ombles chevaliers étant souvent au fond. Cependant, l’hameçon et l’appât se trouvant après le lest, ramasseront, de ce fait, bien plus d’algues ou de « salade » que dans le montage précédent avec le plomb en bas. À moins que le fond du lac soit très propre !

Pêche à la truite

 Une belle Cristivomer.


Une belle Cristivomer.

Truites Fario, arc-en-ciel, cristivomer et saumons de fontaine, abordés par Alphonse Arias, font le bonheur des pêcheurs en lacs d’altitude.

Notre spécialiste « Pêche », explique : « Personnellement je les pêche le plus simple possible avec les différentes bombettes (flottante, semi plongeante et plongeante). Je pratique une animation lente avec un bas de ligne d’environ 1,50 m. Ce dernier, transparent, sera en 0,12, 0,14 ou même 0,16 selon la grosseur habituelle des poissons dans le lac de votre choix. Question appâts, je pense qu’il faut finasser davantage et ouvrir l’éventail : petite teigne en début de saison, petit ver, porte-bois, mouche naturelle et sauterelle jusqu’à la fermeture. Les imitations de larves que je vous ai proposées pour l’omble chevalier, posées ou animées donnent également des résultats intéressants pour truites et ombles de fontaine ».
La pêche classique au bouchon coulissant est assez souvent couronnée de bons résultats. Le tout est de trouver le bon appât et la bonne profondeur. Chercher ces salmonidés à 1,5 m de la surface et parfois plus près réussit généralement bien. Dans le commencement de la partie de pêche, il convient de varier la profondeur afin de trouver la bonne. Le vent faisant dériver votre appât est un facteur favorable.

« Je préfère la sauterelle »

Alphonse Arias commente : « Je n’aime pas les lacs d’huile et un ciel franchement bleu avec un soleil du diable ! L’appât que je privilégie est la sauterelle, bien sûr, dès que l’on peut s’en procurer. Toutefois, des imitations, peuvent s’avérer bien utiles ! Quand les insectes sont présents, prenez la précaution d’en amener sur les lieux de pêche, car si après 2 heures de marche vous n’en trouvez pas sur place vous pouvez être coincé… Et croyez moi, les truites peuvent mordre fort avec cet insecte même s’il est absent ou rare sur les bords du lac ! Alors que les autres appâts n’auront pas de succès… »

Vous pouvez retrouver tous les conseils de pêche d’Alphonse Arias en vous procurant les ouvrages qu’il a écrit, diffusés par les éditions Cairn, chez les libraires, presse, grande distribution et détaillants en articles de pêche ou bien vous adresser directement à lui : A. Arias, 241 rue du château, 31 800, Villeneuve-de-Rivière. L’auteur se fera alors un plaisir de vous dédicacer ses ouvrages.
Tél, 05 61 89 50 14. Mail, contact@pecheur-arias.com. Site, http://www.pecheur-arias.com

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