Midi-Pyrénées

L’Ours, une histoire d’Homme …

 L'ours provoque toujours des débats dans les Pyrénées. Photo Philippe Champion.


L’ours provoque toujours des débats dans les Pyrénées. Photo Philippe Champion.

Des projections-débats du film-documentaire « L’Ours, une histoire d’Homme », ont lieu dans le cadre des Journées Nature Midi Pyrénées (voir en fin d’article).

Qui est cet animal ? L’ours, un animal qui déchaîne les passions, favorise la démesure. Pourquoi une vingtaine d’ours dans les Pyrénées françaises donne-t-elle lieue à de si profondes controverses ?
Les sentiments qu’il suscite aujourd’hui sont si passionnés, si démesurés qu’une réponse qui se contente de décrire l’animal avec ses seuls caractères biologiques ne permet pas de répondre à la question. Tous les argumentaires des scientifiques, des élus ou des associations n’ont pas réussi à mettre d’accord les acteurs sur ce sujet.

Un film pour recueillir les paroles autour de l’ours

Ala rencontre de personnes sur le terrain.

A la rencontre des gens sur le terrain.

On pourrait croire que l’ours est la victime d’une opposition entre le rural et l’urbain, entre la tradition et la modernité, entre le local et l’extérieur. Mais finalement, les discours et les positions officielles et le brouhaha qui le véhicule remplissent tout l’espace et présente un monde en noir et blanc.
Les perceptions des Pyrénéens et des non Pyrénéens seraient-elles différentes ? Le film interroge ainsi toute une palette de personnages qui diront leur perception de l’ours, de l’animal et de son rôle. On y voit s’exprimer des éleveurs et des bergers opposants ou favorables à l’ours, des valléens, des touristes, des chasseurs, des naturalistes, des techniciens forestiers, des écologistes.

Un film pour présenter les paroles autour de l’ours…

Le massif des Pyrénées est la dernière zone de présence de l’ours brun en France, cette espèce est d’un intérêt écologique, patrimonial et socio culturel à l’échelle européenne. Bien que l’animal n’ait jamais disparu totalement du massif, certaines zones de montagne avaient perdu le contact avec l’ours. Afin d’éviter la disparition de l’espèce à l’échelle nationale, deux opérations de renforcement de population ont été menées en 1996 et en 2006. Actuellement la population d’ours dans les Pyrénées est estimée à environ 20 individus.
Pour certains l’ours est un des joyaux de la biodiversité du milieu pyrénéen, un ultime sauvage, un animal auquel on peut s’identifier, s’attacher. Sa seule présence réussie à rendre sauvage et noble tout un espace. Les Pyrénées sont perçues comme un milieu naturel dans lequel l’homme exerce des activités.

Un film pour analyser

L'Ours, une histoire d'Homme...

L’Ours, une histoire d’Homme…

La montagne n’est plus aujourd’hui un territoire enclavé. Elle est le théâtre d’usages variés, traversée par une multitude d’activités sportives, touristiques, qui amènent un grand nombre de visiteurs, ainsi qu’une forme de prospérité. Pourtant par contradiction, dans les débats sur l’ours, c’est cet extérieur qui est rejeté. Les Pyrénées sont médiatisées comme destination touristique ouverte au monde. Mais sur la question de l’ours, le local reprend du poil de la bête face au national.
Le monde agricole a différents visages. La situation de l’élevage n’est pas homogène sur l’ensemble du massif et des situations différentes apparaissent avec des traditions de gardiennage à l’Ouest, et un pastoralisme orienté vers la production de viande à l’Est et au Centre. La politique agricole commune a transformé les pratiques et les méthodes d’élevage. La chute des prix a conduit les éleveurs à augmenter leur cheptel sans pour autant avoir les moyens d’embaucher des bergers pour garder les troupeaux, ce qui ne se révélait pas indispensable en l’absence de prédateurs.
Se pose également la question de la biodiversité. Dans les discours des personnes opposées à la présence de l’ours, la préservation d’un seul animal se fait au détriment de tous les autres. L’ours est alors perçu comme un destructeur. Par ailleurs, les pertes en bétail cristallisent une partie du débat. Elles constituent l’expression la plus identifiable et la plus « médiatique » par ses aspects spectaculaires et par les émotions qu’elles suscitent. Mais surtout, l’absence de chiffres officiels, reconnus par tous, contribue à alimenter les controverses et les représentations excessives dans un sens ou dans un autre. Au-delà des arguments contre sa présence, le fait que les prélèvements des chiens errants ne soient pas médiatisés illustre ô combien le statut particulier de l’ours. Mais l’ours ! En voilà un qui ne passe pas inaperçu.

Un film pour comprendre

Différents chercheurs en sciences humaines ont mené des travaux depuis de nombreuses années sur la question des grands prédateurs, particulièrement en France. L’une des grandes oppositions que l’on retrouve dans les différents discours autour de l’ours est celle du sauvage face au domestique. La valeur créditée par l’interlocuteur aux deux termes de ce couple explique une partie des différences de point de vue. Pour certains, l’entreprise humaine depuis toujours a été de repousser le sauvage, de domestiquer, de civiliser en quelque sorte la nature, pour pouvoir faire de ces terres incultes des terres riches, capables de produire des ressources dans le noble but de nourrir la population. C’est dans ce cadre domestique que l’ours n’a pas sa place. Pour d’autres, la nature sauvage revêt un caractère presque sacré. C’est cette nature qui doit être préservée avec tous les attributs du bestiaire qui marque le caractère sauvage d’un territoire, l’ours en étant un emblème. Il s’agit de rétablir un équilibre écologique. L’attitude se base sur un principe de réparation, quitte à minimiser la réalité éthologique de l’ours, pour asseoir sa propre explication du monde.

Animal encensé, animal diabolisé, l’ours a tout connu

tête d'oursLes grandes figures que l’ours a endossées au cours de son histoire transparaissent encore aujourd’hui, comme dans les fêtes de l’ours des Pyrénées Orientales. Par l’hibernation, il a le pouvoir de ressusciter. L’ours, c’est presque un homme, un sauvage à la virilité exacerbée qui séduit et s’accouple volontiers avec les femmes, symbolisant la force, la puissance et la pulsion sexuelle. Il demeure la bête, gardienne d’une époque reculée qui sommeille toujours en nous.
L’ensemble de ces aspects se retrouve dans les fêtes de l’ours, encore célébrées aujourd’hui et totalement intégrées dans la culture pyrénéenne.

« L’Ours, une histoire d’Homme » a été sélectionné aux :

– Festival International du Film Montagne d’Autrans 2011
– Festival International du Film Nature & Environnement de Grenoble 2011
– Festival International du Film de Pau 2011
– Festival Pyrenades Val d’Aran 2012
– Festival Montanya Dels Pirineusb2012
– Festival des Resitances 2012
Et présenté au :
– Festival International de la Photo Animalière de Montier en Der 2012
– Congrès International des Prédateur de Lons le Saulnier 2012

Programmation (l’entrée est gratuite)

Hautes-Pyrénées:
– 30 mai à Argelès-Gazost (65), à la salle de la Terrasse à 20 h 30;
– 1er juin à Ancizan (65), au Centre Culturel à 20 h 30 (face à l’Intermarché);

Haute Garonne :
– 31 Mai à Luchon (31), au casino (pavillon Normand), à 20 h 30.

Infos complémentaires
Altaïr Nature, BP 2, 65240 Arreau – Tél : 06 40 95 31 05. Mail, contact@altair-nature.org. Site, http://www.altair-nature.org. Page Facebook : Altaïr Nature.

Publicités