Faune des Pyrénées. Tout savoir sur les Vautours.

Vautours dans les Pyrénées, le tour de la question en 10 réponses !

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Pour les Pyrénées, la LPO Pyrénées vivantes coordonne, sous l’égide de l’État, les plans nationaux d’actions des espèces de vautours les plus menacées, Gypaète barbu et Vautour percnoptère, en partenariat avec plus de 70 organismes du massif des Pyrénées.
Voici les questions les plus fréquemment posées par le public sur le sujet…

« Quels sont les effectifs des vautours présents dans les Pyrénées ? »

Les 4 espèces de vautours présentes dans les Pyrénées sont :
– le Gypaète barbu avec 39 couples versant nord et 126 couples versant sud,
– le Vautour percnoptère avec 73 couples versant nord et environ 300 versant sud,
– le Vautour moine est présent seulement sur le versant sud en Catalogne avec 6 couples,
– le Vautour fauve avec 826 couples versant nord et une population évaluée à 9000 couples entre la Navarre, l’Aragon, la Catalogne.

« Comment la population de vautours fauves a-t-elle évolué ces dernières années ? »

Un inventaire de la population de vautours fauves réalisé en 2012 par la LPO et ses partenaires a permis de dénombrer 767 couples dans les Pyrénées Atlantiques, 55 couples dans les Hautes-Pyrénées, 2 couples en Haute-Garonne, aucun en Ariège et dans les Pyrénées-Orientales et 8 couples dans l’Aude, soit 832 couples au total. En 2007, le même inventaire avait dénombré 525 couples, soit une augmentation moyenne annuelle d’environ 10%.

« La ressource alimentaire dans les Pyrénées est-elle suffisante pour nourrir tous les vautours ? »

Un vautour fauve a besoin en moyenne de 300 à 350 kg de cadavres par an. Les Pyrénées accueillent près d’un million d’ovins en production laitière ou viande. Les pertes habituelles des éleveurs en montagne sont en moyenne de 3% par été. Le cheptel présent sur la zone montagne et la population d’ongulés sauvages suffisent largement à nourrir l’ensemble de la cohorte des nécrophages à l’année.

« Un vautour fauve peut-il consommer des animaux vivants ? »…

Dans de très rares cas, des bêtes affaiblies par la maladie ou par des mises-bas difficiles ou encore des bêtes bloquées (ces animaux voués à une mort certaine sans intervention humaine) peuvent faire l’objet d’une intervention de vautours fauve avant la mort de l’animal (8 cas avérés sur 52 déclarations d’éleveurs en 2012).

« Les vautours fauves ont-ils changé de comportement, sont-ils devenus des prédateurs ? »

Les vautours fauves sont des rapaces nécrophages dont le rôle écologique est de débarrasser la montagne des carcasses laissées par les éleveurs. Leurs serres ont des doigts peu puissants incapables de préhension, à la différence des serres de l’Aigle royal. La forme de son bec et son cou couvert de duvet sont adaptés pour entamer une carcasse par les orifices naturels et tirer sur les viscères et non pour déchiqueter la chair. C’est la perception d’immobilité d’une bête morte ou agonisante qui déclenche la nécrophagie par un Vautour fauve alors que c’est la perception du mouvement d’une proie potentielle qui déclenche la prédation par un Aigle royal. Un changement de comportement demanderait une évolution biologique de l’espèce sur des millénaires et non le temps sur une ou deux décennies.

« Comment se fait-il que les vautours fauves soient très rapidement très nombreux sur une carcasse ? »

Les vautours fauves sont adeptes de la technique de prospection alimentaire en réseau. Rapidement, ils peuvent être plusieurs dizaines sur une carcasse. Alors que nos yeux humains n’ont pas détecté leur présence, chaque oiseau est en contact visuel avec ses congénères même à plusieurs kilomètres de distance. Si l’un d’entre eux détecte au sol une bête morte, cela déclenche alors la descente au sol et la consommation de l’animal.

« Pourraient-ils consommer des cadavres humains ? »

Aujourd’hui encore, en Inde et dans l’Himalaya, différentes ethnies livrent les dépouilles de leurs morts aux vautours, pour éviter de souiller les éléments sacrés que sont la terre, le feu et l’eau, ou considérant ces funérailles célestes comme propres à conduire l’Esprit vers le repos éternel.

« A quoi servent-ils dans la nature ? »

Les services écologiques rendus par les quatre espèces de vautours présents sur le massif des Pyrénées (vautour fauve, vautour percnoptère, vautour moine, gypaète barbu) sont essentiellement l’équarrissage naturel et l’élimination des agents pathogènes des écosystèmes montagnards. Culs de sacs épidémiologiques, les virus et bactéries des carcasses sont éliminés par des sucs gastriques surpuissants évitant la propagation de maladies. Chacune des 4 espèces de vautours est spécialisée dans la consommation d’une partie de la carcasse : les tissus mous et viscères par le vautour fauve, les parties plus coriaces (tendons, cartilages) par le Vautour moine, les fins morceaux à picorer par le Vautour percnoptère et enfin le squelette par le Gypaète barbu.

« Quel rôle économique jouent-ils pour les Pyrénées ? »

Les vautours sont des alliés précieux des éleveurs : outre le rôle sanitaire difficilement quantifiable économiquement, le régime alimentaire spécialisé des vautours leur assure une élimination rapide et gratuite des bêtes mortes soit une économie substantielle pour la société et l’éleveur. L’action des vautours évite ainsi le stockage, le transport et l’incinération des bêtes mortes dans des usines spécialisées.
Faisant partie de l’image touristique des Pyrénées, les vautours et les rapaces en général, attirent un public nombreux et notamment beaucoup de touristes originaires du nord de l’Europe adeptes du birdwatching.

« Les vautours sont-ils menacés dans le monde ? »

En Asie et en Afrique, c’est un déclin massif : 98% de la population a disparu d’Inde exposant ce pays à de graves problématiques de santé publique (le vautour n’assurant plus son rôle d’équarrisseur naturel).
En Europe, les populations de vautours fauves sont dans un meilleur état de conservation notamment sur la péninsule ibérique. Toutefois, le Vautour percnoptère, le Vautour moine et le Gypaète barbu restent des espèces menacées sur notre vieux continent.
Mais les menaces pourraient s’aggraver car l’union européenne a pour projet d’autoriser la mise sur le marché du produit antiinflammatoire vétérinaire incriminé dans la disparition des Vautours en Inde laissant planer une menace sans précédent sur les vautours en Europe…

Vautours des Pyrénées.

Vautours des Pyrénées.

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