Montagne Pyrénées. Réintroduction du Bouquetin dans les Pyrénées.

De nouveaux bouquetins attendus par… leurs congénères !

Lâcher d'un des bouquetins. PNP L. Nedelec.

Lâcher d’un des bouquetins. PNP L. Nedelec.

Lundi 25 mai 2015, sur le site du Clôt, au-dessus du Pont d’Espagne à Cauterets (65), sept nouveaux bouquetins ibériques, en provenance de la Sierra de Guadarrama près de Madrid, sont venus conforter la population de 24 adultes déjà relâchés depuis juillet 2014, sur le territoire du Parc national des Pyrénées.

Ce complément de 5 femelles et de 2 mâles, était particulièrement attendu afin de poursuivre le développement de la population. Un cabri né la semaine passée et la mort d’un mâle durant l’hiver portent désormais l’effectif à 31 individus. Un comité d’accueil sans pareil attendait ces nouveaux venus : quatre bouquetins d’un précédent lâcher étaient réunis sur le site. Ce lâcher s’est passé sans encombre. Les animaux, très vifs, ont rapidement pris du champ.
Cet événement a réuni une cinquantaine de spectateurs et de personnalités ainsi que des agents du Parc national des Pyrénées et de l’ONCFS des Hautes-Pyrénées.
A noter que les financeurs de ce programme de réintroduction sont l’Europe, l’État, la Région Midi Pyrénées, le Commissariat au massif des Pyrénées, le département des Hautes-Pyrénées, EDF, le parc animalier des Pyrénées et le Parc national des Pyrénées.

Le choix des sites de réintroduction…

La recherche d’habitats favorables au bouquetin a pris en compte les possibles conflits d’usage avec l’activité humaine, aux premiers rangs desquels figurent le pastoralisme, le tourisme et la chasse.

Une très faible compétition est prévue entre le bouquetin et l’activité pastorale. L’animal est plutôt attendu sur les plus hautes crêtes peu fréquentées par les brebis.
Concernant le tourisme, le risque de dérangement craint est en fait également limité par l’escarpement du milieu recherché par les animaux. Une inquiétude possible des chasseurs est l’éventualité d’une difficulté de cohabitation entre le bouquetin et l’isard, ce dernier risquant d’être repoussé par une espèce plus forte et plus massive. Cette crainte peut être écartée d’emblée par l’observation évidente de la bonne cohabitation qui existe aujourd’hui entre le bouquetin des Alpes et le chamois dans de très nombreux sites de l’arc alpin. Par ailleurs, l’histoire des Pyrénées montre que l’isard et le bouquetin étaient des espèces abondantes dans un passé relativement récent et que leur cohabitation a persisté plusieurs dizaines de milliers d’années. Enfin, on pourrait citer l’exemple espagnol du site de Riaño dans le nord-ouest de l’Espagne où isard et bouquetin cohabitent sans difficultés.
La zone cœur du Parc national des Pyrénées est considérée comme une des plus propices avec ses potentialités écologiques et son statut de protection. Avec les conditions climatiques saisonnières propres aux Pyrénées, le début du printemps est sans aucun doute la période de lâcher la plus favorable.

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