Montagne Pyrénées. Faune.

Vautours fauves à la curée, scène de la vie ordinaire des estives…

Les Vautours fauves à la curée.

Les Vautours fauves à la curée.

Fin juin aux alentours du Col des Veaux au Pays Basque (64), une randonneuse effectuant le GR10 dit avoir vécu, le 3ème jour de sa traversée des Pyrénées, une « expérience angoissante » : une quarantaine de vautours fauves affairés à manger une carcasse de cheval sur le sentier l’auraient encerclée et menacée. Cette affirmation a été relayée récemment par la presse régionale et nationale.

Qu’en est-il réellement ?

Le vautour fauve avec ses 2,50 d’envergure, 1 mètre de haut et ses 8 à 11 kilos est un oiseau au gabarit impressionnant pour qui n’en a jamais vu de près. C’est aussi un oiseau grégaire. Nichant en colonies sur les falaises, il est fréquent de voir plusieurs individus évoluant en même temps dans le ciel. Quant l’un d’entre eux découvre grâce à sa vue performante un animal mort dans les estives, et que le lieu de la découverte semble tranquille, c’est la curée : des dizaines de vautours arrivent des quatre coins du ciel, se posent et entament, par les orifices, les viscères et autres parties molles de la bête.
Des cris, des postures d’intimidation voire des bagarres entre individus, des têtes et cous de vautours qui s’enfoncent dans la carcasse, l’odeur de putréfaction de la charogne… Pour qui n’a jamais vu cette scène, cela peut paraître impressionnant. Si les vautours sont dérangés par quelques randonneurs qui passent par là, alors ils s’envolent pour aller se poser à proximité ou patienter en vol le temps que les intrus s’éloignent du lieu de leur repas. Dès l’instant où les intrus sont suffisamment loin, les vautours reviennent rapidement consommer la carcasse et terminer leur travail d’équarrissage naturel. Aucun risque pour les intrus, le seul objectif des vautours, c’est la carcasse !
Cette scène est finalement une scène ordinaire, naturelle et quotidienne de la vie des estives pyrénéennes depuis des millénaires ! Les vautours assurent la basse besogne de faire disparaître efficacement les bêtes mortes en montagne laissées par les éleveurs, soit plusieurs milliers de tonnes par an.

Une relation à bénéfice réciproque !

Ils évitent la contamination des sources et limitent la propagation des virus et bactéries contenues dans des charognes en putréfaction. Si les randonneurs sont amenés à observer à distance une curée de vautours et qu’ils sont impressionnés par la scène, ils le seront bien plus par l’incroyable efficacité du travail de nettoyage et le service de salubrité publique que ces oiseaux nous rendent !

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