Parc national des Pyrénées. Faune.

Les vautours, de si illustres méconnus…

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Parfois malmenés, si souvent admirés, les vautours ne laissent pas indifférents. En France, sur les quatre espèces de rapaces strictement nécrophages (Famille des accipitridés), trois sont présentes sur le territoire du Parc national des Pyrénées : Gypaète barbu, Vautour percnoptère et Vautour fauve (le Vautour moine n’étant pas nicheur).

Samedi 05 septembre, la journée internationale de sensibilisation aux vautours coordonnée par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) est l’occasion de mettre en lumière les actions menées par le Parc national des Pyrénées en faveur de ces espèces remarquables et indispensables aux écosystèmes pastoraux. http://journee-vautours.lpo.fr/vautours.php

Les missions du Parc national des Pyrénées

Depuis toujours présents dans le ciel Pyrénéen, Gypaètes barbus, Vautours percnoptères, Vautours fauves sont des espèces protégées qui jouent un rôle d’équarrisseurs naturels de nos montagnes. Dès sa création en 1967, le Parc national s’est attaché à inventorier et suivre les populations de grands rapaces présents sur son territoire et pour lesquelles il avait une responsabilité de conservation forte. Deux espèces sont aujourd’hui concernées par la veille écologique mise en place sur les grands rapaces : le Gypaète barbu (13 couples) et le Vautour percnoptère (25 couples).
Menée sur les grands rapaces, elle consiste à suivre chaque année, l’évolution de la reproduction de la totalité ou d’une partie des couples présents sur le territoire du Parc national des Pyrénées. En fonction des espèces, le suivi est réalisé entièrement par les gardes-moniteurs du Parc national (cas du Vautour fauve) ou en collaboration avec d’autres structures (associations LPO et Groupe d’Études Ornithologiques Béarnais (GEOB) pour le Vautour percnoptère et de la Réserve naturelle régionale d’Aulon et l’Office National de la Chasse et de la faune sauvage, l’Office National de la Faune, Nature Midi-Pyrénées et la LPO).
Le Parc national des Pyrénées s’attache à cette veille écologique. Elle permet d’identifier les facteurs limitant la bonne reproduction ou survie des individus (ex : dérangement) dans l’objectif de mener, le cas échéant, des actions de conservation adaptées. La présence des grands rapaces est d’ores et déjà systématiquement prise en compte dans les porter à connaissance ou avis rendus par le Parc national en zone cœur ou aire optimale d’adhésion.

Conventions avec les utilisateurs de l’espace aérien…

En complément, des conventions avec différents utilisateurs de l’espace aérien (EDF, RTE, SHEM, militaires,…) sont signées. Ces conventions ont pour objectif de parvenir à une meilleure prise en compte des enjeux de conservation de grands rapaces dans les survols réalisés sur le Parc national (aire optimale d’adhésion notamment, la zone cœur faisant l’objet d’une interdiction de survol sauf autorisation exceptionnelle du directeur du Parc national). En retour, le Parc national s’engage à l’envoi régulier d’informations relatives à la présence des sites de reproduction actifs de grands rapaces sur son territoire. Ces informations transmises aux différents partenaires prennent la forme d’une cartographie de zones de mise en défense. Ces zones sont appelées « zone de sensibilité majeure ».

Zones de sensibilité majeure…

Les zones de sensibilité majeure n’ont aucune dimension réglementaire et leur prise en compte tient avant tout à la volonté des partenaires concernés. Néanmoins, la diffusion des zones de sensibilité majeure actives à un moment donné et le non respect de sa prise en compte malgré l’information transmise, peut amener à établir une amende au titre de la réglementation sur les espèces animales protégées.
Dès l’automne prochain, une application web dédiée et accessible à l’ensemble des partenaires, permettra de rationaliser la récolte des données de suivi de la reproduction des grands rapaces, à faciliter la réalisation de bilans et, surtout, à connaitre et faire connaître en temps réel les zones de sensibilité majeure actives sur le territoire du Parc national des Pyrénées..

Le Vautour fauve est aujourd’hui exclusivement suivi dans la vallée d’Ossau (64)…

Le vautour fauve (Gyps fulvus) fait également l’objet d’une veille écologique au sein du Parc national des Pyrénées. Les Pyrénées représentent en effet le principal territoire de reproduction de l’espèce en France (en 2014, on comptait près de 830 couples nicheurs sur les Pyrénées françaises). Près de 340 couples nichent aujourd’hui sur le territoire du Parc national, en particulier dans la Réserve naturelle nationale d’Ossau créée pour la préservation de cette espèce.
Le Parc national des Pyrénées, le Parc national des Cévennes, le centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier (CNRS) et Parcs nationaux de France vont plus loin en soutenant une thèse intitulée « Évolution des stratégies individuelles et sociales de prospection alimentaire chez les vautours et conséquences sur les mesures de conservation des oiseaux nécrophages ».
Dans les Pyrénées comme dans les Causses et mêmes les Alpes, de nombreuses questions importantes subsistent concernant les habitudes alimentaires des vautours et leur utilisation de l’espace, afin d’optimiser la gestion de l’équarrissage naturel par les vautours. Préfèrent-ils les placettes ou les charniers ? Sont-ils fidèles aux mêmes sites ou prospectent-ils de manière aléatoire ? Quelles sont les interactions entre l’individu et ses congénères lors des déplacements et quelles en sont les conséquences ? Leurs habitudes varient-elles en fonction de l’âge, du sexe, de la saison, du massif ? Quelle sera l’influence de ces charniers ou placettes sur la dynamique des populations de vautours ? Dans quelle mesure les vautours sont-ils capables de visiter les autres massifs montagneux ? Comment les changements en cours dans le monde agricole (PAC, changements climatiques, modes sanitaires, normes environnementales) influeront sur les modes d’alimentation et la dynamique des populations des vautours ? Et inversement comment les services rendus par les vautours peuvent-ils influencer les modes d’élevages et leur viabilité ?
Les résultats de ces études fondamentales devraient avoir de grandes répercussions pour la conservation des rapaces nécrophages, mondialement menacés, et en particulier sur les mesures relatives à la gestion de la ressource alimentaire (carcasses de bétail déposées sur des charniers par les éleveurs).
Depuis 2013, plus d’une quinzaine de vautours ont été équipés de récepteurs GPS, enregistrant une localisation très précise, ainsi que l’altitude et la vitesse, toutes les 5 minutes. L’analyse des déplacements enregistrés servira à reconstituer le comportement journalier d’individus et de groupes de vautours et à analyser les variations saisonnières en fonction de l’âge et du statut des oiseaux, en relation avec la localisation des charniers et placettes et leur approvisionnement. Les premiers résultats de ce travail sont attendus pour 2017.

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