Parc national des Pyrénées. Faune.

Chiva ainsi prénommée…

Chiva, petite femelle Bouquetin, est née dans le Parc national des Pyrénées. Ph. J-P Crampe.

Chiva, petite femelle Bouquetin, est née dans le Parc national des Pyrénées. Ph. J-P Crampe.

Le 15 mai 2015, Isis, femelle de sept ans au tempérament affirmée et mascotte de la réintroduction du Bouquetin ibérique dans le Parc national des Pyrénées, donnait naissance à un cabri. L’observation a permis de déterminer qu’il s’agit… d’une femelle.

Chiva (petite chèvre en espagnol), ainsi est-elle prénommée, montre des signes évidents de bonne santé. Son développement corporel est excellent et à la vue des photos, un expert espagnol note déjà
que son pelage est beaucoup plus épais que chez les cabris des sierras dont sa mère est originaire. Il est vrai que Chiva supporta une importante chute de neige le lendemain même de sa naissance.
Autre signe évident de santé, Chiva montre une exubérante vitalité comportementale qui s’exprime par des comportements joueurs incessants avec les femelles accompagnant Isis. Mimiques agressives et simulacres de coups de tête s’adressent à des femelles bien embêtées pour leur répondre. Bien que très réceptives, elles ne montrent aucune violence à l’égard du cabri turbulent qui ne cesse de les provoquer. Il faut chercher l’explication de ce comportement curieux de Chiva dans l’absence de compagnons de jeux de son âge. Ces jeux sont en effet habituels chez les cabris dans les groupes de femelles qui les élèvent et où ils sont parfois nombreux. Les très jeunes individus apprennent ainsi à se connaître, forgent les liens de cohésion sociale nécessaire au groupe et plus largement de la population.
Conçue dans les Pyrénées, Chiva illustre l’accomplissement d’un cycle reproductif complet : rut, accouplement, naissance, élevage. Cette unique naissance sur le Parc national des Pyrénées découle du petit nombre de femelles réintroduites en 2014 dans la période couvrant la durée nécessaire au cycle de reproduction (seulement quatre en âge de reproduction). Le stress provoqué par le dépaysement a également dû peser sur ce résultat. Quant aux 22 femelles lâchées en 2015, les aléas de capture ont fait qu’il était trop tard en saison pour espérer d’elles de nouvelles naissances. Le printemps 2016 sera certainement plus favorable.
Au 31 août 2015, quarante-huit Bouquetins ibériques composent la population sur le Parc national des Pyrénées dont vingt-huit femelles.

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