Montagne Pyrénées. Pic du Midi de Bigorre (65).

Le Pic du Midi de Bigorre… Une aventure d’Hommes !

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L’histoire scientifique du Pic du Midi avant d’être astronomique, fut d’abord météorologique. Mais c’est surtout l’histoire d’hommes qui se sont battus depuis plus de 140 ans pour construire et sauvegarder ce formidable patrimoine.

Les Pionniers du Pic…

L’Observatoire du Pic du Midi est né de la rencontre d’une montagne et d’hommes habités par la passion de la connaissance : les précurseurs au XVIIIème siècle, les créateurs à la fin du XIXème siècle et toute une lignée de savants, astronomes, physiciens, botanistes qui ont bâti sa renommée.
Dès 1774, Monge et Darcet montent au Pic du Midi pour y étudier la pression atmosphérique. En 1873, le Général de Nansouty y installe une station météorologique provisoire où il mesure pression, température, humidité et différentes autres grandeurs intéressant la météorologie.
Xavier Vaussenat, ingénieur, est séduit par cette aventure et s’intéresse à tous les aspects scientifiques et historiques de la région. En 1908, Benjamin Baillaud, Directeur de l’Observatoire de Toulouse, y fait construire une coupole de 8 m de diamètre dont le transport sera un véritable exploit. Une seule route de terre permettait alors aux marcheurs d’atteindre le col de Sencours depuis le col du Tourmalet. Les scientifiques accédaient au sommet à pied, par un rude sentier pierreux.
En 1929, Bernard Lyot, un jeune astronome de l’Observatoire de Meudon, se lance dans un projet audacieux : l’observation de la couronne solaire en dehors des éclipses, projet qu’il réalisera grâce à la création d’un appareil baptisé coronographe en 1931. Les chercheurs étudient alors le soleil dans ses moindres détails. C’est notamment grâce aux images obtenues depuis le Pic du Midi dans les années 1940 que l’on a découvert que le sol lunaire était recouvert d’une couche de poussière. Un détail essentiel qui a fait de l’Observatoire du Pic du Midi le centre de cartographie détaillé de la surface lunaire pour les missions Apollo pilotées par la NASA.
En 1952, est construit un deuxième téléphérique qui relie la Mongie au sommet via la gare intermédiaire du Taoulet. Dans les années 1980, le site connaît des années difficiles dues à des problèmes d’ordre financier et matériel et à des conditions de vie extrêmes à cause de l’altitude. Il coûte cher et n’autorise que 120 nuits d’observation par an en moyenne. On parle de fermer le site…

De la menace de fermeture au sauvetage du Pic…

En 1995, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche annonce la fermeture du Pic à l’échéance de 1998, en raison de restrictions budgétaires. Mais c’était sans compter sur la volonté de personnes qui ont tout mis en œuvre pour sauver le site.

En 1er lieu, la communauté scientifique s’est battue vigoureusement pour maintenir une activité au Pic du Midi arguant notamment du récent achèvement de l’instrumentation du TBL, Télescope Bernard Lyot de 2 m. Mais au-delà, l’ensemble des acteurs régionaux (collectivités locales et régionales, universitaires, industriels, journalistes…) s’est mobilisé pour identifier des solutions alternatives. A l’issue d’une phase de réflexion et de concertation, les assemblées du Conseil Général des Hautes-Pyrénées, du Conseil Régional Midi-Pyrénées et des communes avoisinantes du Pic du Midi ont décidé de créer un Syndicat Mixte pour la Valorisation Touristique du Pic du Midi, chargé de l’étude et de la réalisation des investissements nécessaires au maintien de l’activité scientifique et au développement d’une exploitation touristique du site.

Des investissements pour sauver le Pic du Midi…

Par une concession du 23 juillet 1996, le Syndicat Mixte s’est vu confier par l’État, propriétaire des installations, une concession de travaux et de service public pour l’aménagement et l’exploitation d’une partie des locaux installés au sommet et son accès par téléphérique. Le chantier de l’actuel site du Pic du Midi est lancé aussitôt. Pendant toute la durée des travaux, l’observatoire a continué de fonctionner.
Les modifications qui ont permis d’éviter la fermeture du site, ont représenté un investissement total de 38 979 703 € comprenant la rénovation totale des parties scientifiques (hébergements, restauration, coupoles, laboratoires et locaux techniques), la création d’un espace touristique (restauration, boutique, terrasse et espace musée), la réalisation d’infrastructures modernes (téléphériques, station d’épuration…).
Côté accès, la piste qui permet de s’approcher du Pic du Midi a été consolidée. En outre et cela a représenté près de la moitié des investissements, deux téléphériques et leurs gares de départ et intermédiaire ont été construites pour amener en toute sécurité les touristes au sommet. La montée s’effectue dorénavant à la vitesse de 12 m/seconde, chaque cabine pouvant accueillir 45 personnes.
En juin 2000, les premiers touristes arrivent au sommet pendant l’été. Le site a ouvert définitivement toute l’année à partir de l’été 2011. La capacité d’accueil est de 700 personnes en même temps l’été et 300 personnes en hiver. Sur les plus fortes journées, le Pic du Midi peut accueillir 2 800 personnes.
Récompense de tous les efforts engagés, le Pic du Midi a été classé en 2003 site naturel national au titre de la beauté de son paysage. 10 ans plus tard, il devient le symbole de la 1ère Réserve Internationale de Ciel Étoilé en France.

Le Pic du Midi aujourd’hui…

Le Pic du Midi de Bigorre. Ph. D. Viet.

Le Pic du Midi de Bigorre. Ph. D. Viet.

Le touriste qui monte au Pic du Midi n’aperçoit que la partie émergée de l’iceberg. En effet, le site abrite de nombreux services et activités qui partagent quotidiennement un même espace. Ainsi, on dénombre 3 acteurs principaux :

Le Bâtiment Interministériel…
Bâtiment classé secret défense qui vit en totale autarcie : il est essentiellement une base de télécommunications. Situé sur la crête ouest, on y trouve les locaux de Télédiffusion de France (TDF) avec l’antenne de 101 m de hauteur, émetteur régional de radio et TV dont la portée est de plus de 400 km de rayon soit 1/10ème de la France.
Le bâtiment principal abrite une base stratégique de télécommunication pour l’Armée de Terre et l’Armée de l’Air, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) et les opérateurs de téléphonie hertzienne dont France Telecom. Météo France, dont la station fonctionne automatiquement, est également présente.

Les bâtiments réservés aux scientifiques…
Avec en particulier le télescope de 2 m (TBL), la Coupole Robley qui abrite un télescope de 55 cm, le Coronographe (étude de la couronne solaire tous les jours de l’année), la Coupole Tourelle (observation de la surface solaire), la Coupole Gentili et son télescope d’1 m équipé par la NASA et le télescope Bernard Lyot. De 5 à 30 personnes travaillent à l’Observatoire du Pic du Midi 24h/24.
Ce dernier fait partie de l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP) qui emploie plus de 400 personnes dont environ la moitié de chercheurs. L’OMP comprend 4 établissements :
– Le siège social à Toulouse qui comprend 6 laboratoires et 17 services d’observation de recherches et d’administration,
– L’Observatoire du Pic du Midi,
– Une base arrière à Tarbes avec l’équipe activités nocturnes, aérologie, des techniciens et astronomes,
– Le site d’instrumentation atmosphérique de Lannemezan.

Les parties accessibles au public…
Qui comprennent l’arrivée du téléphérique, la terrasse Baillaud libre d’accès pour les randonneurs, l’espace musée, la boutique, les restaurants, la Coupole Charvin (espace réservé au produit nuit).

Pour résumer, le Pic du Midi c’est aujourd’hui 10 000 m² de plancher bâti, une construction comprenant 6 niveaux, 5 km de couloirs qui relient l’ensemble des bâtiments afin de faciliter les déplacements quelle que soit la météo, 2 transformateurs de 1200 KWA, 1 groupe électrogène de 850 KWA, 1 station d’épuration…
Depuis l’arrivée des touristes sur le site, il existe un véritable échange entre les scientifiques et les touristes, les astronomes souhaitant en effet faire connaître leur science à un large public.

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