Parc national des Pyrénées. Faune.

Les Bouquetins ibériques ont leur maison grâce à vous !

1 Pedro tente de séduire Léna.

Pedro tente de séduire Léna.

Grâce à la générosité des donateurs, ce sont aujourd’hui non pas soixante mais soixante-trois Bouquetins ibériques qui évoluent dans les montagnes du Parc national des Pyrénées.

Lâchés sur le site du Clôt sur les hauteurs de Cauterets, trente-huit femelles et vingt-cinq mâles, constituent désormais un noyau d’individus qui ont su rapidement rétablir les comportements naturels de l’espèce sur ce nouveau et vaste territoire de la vallée de Saint-Savin.

L’organisation sociale, un pilier de la réussite de l’implantation d’une population…

Animaux grégaires, les bouquetins vivent le plus souvent au sein de groupes dont la composition et le nombre évoluent au fil des saisons. Grâce aux observations visuelles et aux signaux émis par les colliers GPS et VHF dont sont dotés quarante-six bouquetins, les suivis réalisés par les agents du Parc national, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et du Gouvernement d’Aragon montrent que des groupes de femelles et des groupes de mâles, se sont constitués dès la fin de l’été 2015. Les massifs de Péguère, du Barbat et du Piarrouy ont été particulièrement appréciés.

Le rut, une affaire de patience pour les mâles…

A l’automne, la période du rut entraîne une plus grande mixité sociale. Les mâles se répartissent au sein des groupes de femelles. Ils sont, à cette occasion, mis à l’épreuve par les femelles sur les falaises les plus escarpées. Pour les séduire, la queue relevée, ils couchent leurs cornes sur les flancs afin d’effacer tout signe d’agressivité. Ils battent de la langue et donnent de petits coups de pattes avant sur le sol pour inciter les femelles à l’accouplement. Parfois, deux mâles d’égale puissance en viennent à se confronter pour assoir leur suprématie dans des bruits sourds de cornes qui s’entrechoquent. La période du rut s’étale sur deux mois environ. Après cent soixante-cinq jours de gestation environ, entre avril et juin prochains, de nombreux cabris viendront, on l’espère, renforcer la population.
Dix-huit mois après son lancement, la réintroduction du Bouquetin ibérique dans le Parc national des Pyrénées semble très bien engagée. La colonisation de l’espace montagnard et l’organisation sociale constatés chez la jeune population sont autant d’indicateurs positifs augurant de la réussite du projet.

Identifier pour mieux sauvegarder…

Lors des opérations de réintroduction, tous les individus ont été équipés de marques visuelles (codification couleur individuelle : colliers et/ou tags auriculaires) excepté la petite Chiva née en mai dernier.
Quarante-six d’entre eux sont également équipés d’un dispositif de localisation :
– 21 sont équipés de colliers VHF (Very High Frequency) : ondes radioélectriques émises par un collier et captées à l’aide d’un récepteur manipulé par un agent.
– 25 sont équipés de colliers GPS (Global positionning system) : localisation satellitaire des individus équipés. Un 26ème bouquetin avait été équipé d’un collier. Cependant pour des raisons techniques (panne de batterie) celui-ci a dû être enlevé à distance grâce au système drop off équipant les colliers.
Grâce à ces technologies, il est possible d’obtenir d’importants renseignements sur les déplacements, les limites territoriales, l’interaction entre les différentes populations, les zones de reproduction et d’hivernage, les taux de reproduction et de survie, la consommation de nourriture et les autres comportements, car l’on peut situer et/ou observer chaque animal équipé.
Le marquage des animaux permet, d’une part, d’approfondir et d’améliorer les connaissances que nous avons sur l’espèce et d’autre part, de mettre en place des actions de gestion et de conservation adaptées.

L’avenir…

Comme le prévoit le programme d’action élaborée par le Parc national des Pyrénées, de nouveaux bouquetins, seront réintroduits dès le printemps 2016,sur une zone favorable de la vallée de Luz-Saint-Sauveur, près de Gèdre. Il s’agit de créer un nouveau noyau de population susceptible à moyen terme d’entrer en connexion avec le noyau de Cauterets et ainsi de favoriser une colonisation plus large de l’espace. Pour être viable, une population doit compter environ deux cents animaux.

Informer et sensibiliser…

La forte appropriation par le grand public du projet de réintroduction du Bouquetin ibérique dans les Pyrénées est facilitée par l’information et la sensibilisation. Pour ce faire, le Parc national des Pyrénées et le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises ont conçu une mallette pédagogique dédiée.
Reproduction de crânes avec cornes en tailles réelles, silhouettes, exposition composée de huit panneaux, livrets pédagogiques,… Des supports variés qui seront utilisés auprès du jeune public scolaire par les gardes-moniteurs du Parc national lors de projets pédagogiques comme auprès d’un public adulte lors de manifestations. Cette mallette complète les outils de communication déjà mis en place : dépliants, exposition temporaire, autocollant et prochainement le site internet dédié au Bouquetin ibérique.
De nombreuses animations à destination du grand public sont également réalisées par les gardes moniteurs. Des projets pédagogiques sont également menés dans les écoles.

Grâce à vous…

En septembre 2015, grâce à la générosité de plus de 200 parrains, Amie, Julia et Lila, trois Bouquetins ibériques supplémentaires, sont venus conforter la population déjà en place. Participer au programme de réintroduction du Bouquetin ibérique vous est toujours possible en réalisant un don, même modeste, défiscalisable sur la plateforme de paiement sécurisée sur http://www.parcpyrenees.com.
Monique Maubert, marraine, a souhaité adresser un message aux équipes du Parc national des Pyrénées (25/11/2015) : « Je voulais vous dire un grand merci pour la peine que vous prenez à nous donner des nouvelles de nos filleuls. En effet, bon nombres d’organismes qui font appel au financement participatif deviennent muets dès lors qu’ils ont récupéré les dons. Or, c’est avec un véritable intérêt que nous avons donné suite à votre appel et, ensuite, souhaitons suivre la vie des animaux avec le faits marquants (naissance, mort, maladies éventuelles comme dans les Alpes,…). Les bouquetins font partie de notre environnement même s’ils sont loin de nous. L’aventure se poursuit, dans notre esprit, grâce à vous. Encore merci et à l’année prochaine. »

Grâce à eux…

Les financeurs de ce programme de réintroduction sont l’Europe, l’État, la région Midi-Pyrénées, le commissariat au massif des Pyrénées, le département des Hautes-Pyrénées, EDF, le parc animalier des Pyrénées et le Parc national des Pyrénées.

Photos Jean-Paul Crampe/PNP.

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