Parc national des Pyrénées. Faune.

Une année fructueuse chez les bouquetins ibériques.

KODAK Digital Still Camera

Fraise et son cabri

Signe positif de la bonne appropriation du territoire et de ce nouvel environnement, la saison des amours débutée à l’automne 2015 fut fructueuse pour les bouquetins ibériques relâchés au Parc national des Pyrénées.

Preuve en est les douze cabris de l’année observés sur les falaises depuis juin dernier. Ce sont aujourd’hui dix petits qui évoluent avec dextérité entre éboulis et zones herbeuses, deux n’ayant pas survécu. L’arrivée de ces cabris au sein de cette population d’animaux sauvages récemment réintroduits permet d’attester de l’adaptation des animaux dans leur milieu naturel, et par là même du succès de l’opération avec un retour à des comportements naturels.

Cycle de reproduction

Rut, gestation, mise bas, élevage du jeune : le cycle de reproduction est ainsi mené à bien par dix femelles parmi les trente-trois présentes au Parc national. Restera pour elles à veiller constamment sur leur petit jusqu’à la fin de l’hiver. Identifiées lors des suivis réalisés par les gardes-moniteurs, les mères sont âgées de cinq à dix ans, période la plus propice à la reproduction chez les ongulés femelles. Elles ont alors la capacité, la résistance physique mais aussi l’expérience pour élever un petit. Les femelles nées dans les Pyrénées devraient, quant à elles, se reproduire très jeunes, dès 2 ou 3 ans, et ainsi favoriser la colonisation du massif.

Isis, toujours en exemple… Lire la suite

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Faune des Pyrénées. Tout savoir sur les Vautours.

Vautours dans les Pyrénées, le tour de la question en 10 réponses !

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Pour les Pyrénées, la LPO Pyrénées vivantes coordonne, sous l’égide de l’État, les plans nationaux d’actions des espèces de vautours les plus menacées, Gypaète barbu et Vautour percnoptère, en partenariat avec plus de 70 organismes du massif des Pyrénées.
Voici les questions les plus fréquemment posées par le public sur le sujet…

« Quels sont les effectifs des vautours présents dans les Pyrénées ? »

Les 4 espèces de vautours présentes dans les Pyrénées sont :
– le Gypaète barbu avec 39 couples versant nord et 126 couples versant sud,
– le Vautour percnoptère avec 73 couples versant nord et environ 300 versant sud,
– le Vautour moine est présent seulement sur le versant sud en Catalogne avec 6 couples,
– le Vautour fauve avec 826 couples versant nord et une population évaluée à 9000 couples entre la Navarre, l’Aragon, la Catalogne.

« Comment la population de vautours fauves a-t-elle évolué ces dernières années ? »

Un inventaire de la population de vautours fauves réalisé en 2012 par la LPO et ses partenaires a permis de dénombrer 767 couples dans les Pyrénées Atlantiques, 55 couples dans les Hautes-Pyrénées, 2 couples en Haute-Garonne, aucun en Ariège et dans les Pyrénées-Orientales et 8 couples dans l’Aude, soit 832 couples au total. En 2007, le même inventaire avait dénombré 525 couples, soit une augmentation moyenne annuelle d’environ 10%.

« La ressource alimentaire dans les Pyrénées est-elle suffisante pour nourrir tous les vautours ? »

Un vautour fauve a besoin en moyenne de 300 à 350 kg de cadavres par an. Les Pyrénées accueillent près d’un million d’ovins en production laitière ou viande. Les pertes habituelles des éleveurs en montagne sont en moyenne de 3% par été. Le cheptel présent sur la zone montagne et la population d’ongulés sauvages suffisent largement à nourrir l’ensemble de la cohorte des nécrophages à l’année.

« Un vautour fauve peut-il consommer des animaux vivants ? »… Lire la suite

Faune des Pyrénées. Les Milans royaux passent l’hiver dans les Pyrénées.

Plus de 4 000 Milans royaux font le choix des Pyrénées pour passer l’hiver…

Milans royaux au dortoir. Ph. P. Harlé

Milans royaux au dortoir. Ph. P. Harlé

Pour la 9ème année consécutive, dans plusieurs pays européens, se déroule un comptage simultané des dortoirs de Milans royaux hivernants. Cette espèce, classée vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature est en effet strictement européenne. En France, elle bénéficie d’un Plan national d’action piloté par l’État et mis en œuvre par la LPO.

Ainsi, les 10 et 11 janvier derniers en Suisse, Espagne, Italie, Allemagne, Portugal, Danemark, République tchèque, Belgique, Luxembourg et en France, les ornithologues amateurs ou professionnels sont mobilisés pour dénombrer les oiseaux sur les dortoirs, lieux de rassemblement nocturne.
Le réseau Milan royal Pyrénéen, animé par la LPO Pyrénées Vivantes, a cette année encore démontré son dynamisme et son implication ! Près de 170 observateurs issus de 17 structures environnementales ont participé à l’opération.
Les résultats démontrent à nouveau que les Pyrénées sont le premier site d’accueil de l’espèce en France en hiver : plus de 4000 milans royaux sur 90 dortoirs, répartis sur 7 départements, ont pu être dénombrés. Ces résultats sont sensiblement identiques à ceux des années passées, malgré un début d’hiver peu marqué et tardif.
Cette action est également l’occasion de contrôler la présence et la fidélité d’oiseaux étrangers ou issus d’autres territoires français. 12 milans royaux équipés de marques alaires ont pu été identifiés :
ils sont originaires d’Allemagne, de Lorraine, de Rhône-Alpes ou d’Auvergne. Et enfin, observation insolite, pour la 3ème année consécutive et toujours dans le même périmètre, un milan royal leucique a été observé dans le piémont. Son plumage exceptionnellement blanc écru, n’a pas trompé les observateurs du réseau !

Liste des structures participantes…

SAIAK, Hegalaldia, Mifenec, Groupe d’Etudes Ornithologiques Béarnais, réseau avifaune de l’ONF, Parc national des Pyrénées, Réserve naturelle régionale Pibeste-Aoulhet, Nature Midi-Pyrénées, Groupe Ornithologique Gersois, les étudiants du BTS GPN de Mirande, Association des Naturalistes de l’Ariège, LPO Aquitaine, LPO Haute-Garonne, LPO Aude, LPO Pyrénées Vivantes, Nature Comminges, Cerca Nature, Association Ch. Flahault.

Plus d’infos sur http://www.pourdespyreneesvivantes.fr

Montagne Pyrénées. Faune.

C’est le printemps ! La marmotte se réveille…

A la sortie de l'hiver, la marmotte reprend des forces !

A la sortie de l’hiver, la marmotte reprend des forces !

À l’arrivée du printemps, en montagne, les animaux sortent de leur longue période d’hibernation, et commencent à pointer le bout de leur museau. La marmotte est de ceux-là.

La marmotte est un vrai hibernant. Pendant la période hivernale, sa température peut chuter de 38° à 8° (voir 4°), son poids passant de 5 à 2,5 kg. C’est pourquoi, à la fin de l’hiver, nos habitants des montagnes sont affaiblis et demandent le plus grand respect possible… Le temps pour eux, de reprendre des forces.

Un petit animal prévenant…

Mais connaissez-vous les origines de ce petit animal qui émet un sifflement si aigu, bien reconnaissable, prévenant ses congénères de votre présence, quand vous êtes en randonnée ?
La disparition des marmottes dans les Pyrénées est située, grosso modo, vers la fin du Würm (période glaciaire – 12 000 ans). Les premiers apports d’individus ont lieu le 15 mai 1948. Le docteur Couturier et messieurs Knobel et Sabatut, après avoir capturé six marmottes dans le massif du Queras, dans les Alpes, les relâchent dans le vallon du Barrada, en vallée de Luz. La même année monsieur Boyrie lâche quatre à cinq individus en vallée de Cauterets, près du pont d’Espagne. Quatre ans plus tard, d’autres marmottes furent relâchées dans le vallon du Barrada, et, en 1954, vingt-cinq individus étaient dénombrés dans la vallée de Luz.
D’autres lâchers, à l’initiative de personnes ou de fédérations départementales de chasseurs, notamment des Hautes-Pyrénées, eurent lieu ensuite, sur tout le massif pyrénéen. Les motivations furent nombreuses : le plaisir des yeux, donner un moyen d’alerte (par les longs sifflements de la marmotte) aux isards pour les prévenir de l’approche des chasseurs, et ainsi limiter l’impact de la chasse, et favoriser le retour de cette espèce…

Des marmottes dans le Parc national des Pyrénées

En 1968, le Conseil scientifique du Parc national des Pyrénées reprend l’idée à son compte. Il préconise de favoriser le développement de l’espèce dans la zone du Parc, en multipliant les implantations, de façon à permettre à l’espèce d’occuper une place vacante dans la chaîne alimentaire, au bénéfice de l’aigle royal.
De 1969 à 1974, près d’une cinquantaine de marmottes sont ainsi relâchées dans la plupart des vallées du Parc. Il faut savoir que sur la zone cœur du Parc national des Pyrénées, il y a environ trois colonies de marmottes pour 100 hectares. Une colonie compte de dix à onze individus. Dans les meilleurs sites, on peut arriver à une marmotte par hectare.

Aste-Béon (64)

Agropastoralisme et biodiversité du territoire

Mise en place d’une placette expérimentale de dépôt de cadavres d’animaux naturellement morts en exploitation.

Le projet de placette d’équarrissage naturel (qui ne correspond surtout pas à une aire de nourrissage : dépôt de cadavres d’animaux de bétail naturellement morts dans l’une des

C'est la première en France

C’est la première en France

14 exploitations du groupement pastoral et donc dépôt aléatoire; absence de dépôts au mois de mai, période de nourrissage des jeunes aux nids) est un exemple d’adaptation d’une réglementation (qui pouvait paraître stricte), et au contexte local, aux pratiques locales.
En effet la réglementation européenne qui jusqu’alors interdisait strictement la mise à disposition des cadavres du bétail aux oiseaux nécrophages, s’est assouplie en 2011 pour des raisons liées au statut de protection du Vautour fauve.
Cette opportunité a été saisie de façon concertée par les acteurs locaux et les services de l’État pour répondre à une préoccupation locale dans la gestion, compliquée en zone de montagne, de l’équarrissage. L’installation d’une placette expérimentale de dépôt de cadavres de bétail naturellement morts en exploitation permet aux éleveurs de se débarrasser immédiatement et dans de bonnes conditions sanitaires des animaux morts, tout en réduisant l’impact environnemental du ramassage des cadavres par véhicule motorisé.
Elle est la première installation de ce type dans les Pyrénées et la seule placette en France dont la vocation n’est pas le nourrissage des oiseaux nécrophages protégés, mais la restauration du lien entre l’agropastoralisme et la biodiversité du territoire.