Faune. Comptage des Milans royaux.

Le réseau Milan royal Pyrénées procède ce week-end du 07 et 08 janvier 2017 à la 11ème édition du comptage simultané européen des hivernants.

milan-royal-en-vol-ph-p-harle

Milan royal en vol. Ph. P. Harlé.

Ce comptage simultané des dortoirs de Milans royaux aura lieu dans plusieurs pays européens. Allemagne, France, Espagne, Suisse Suède, Angleterre, Pologne…, sont autant de pays qui ont la chance d’héberger ce magnifique rapace, présent essentiellement en Europe. Les ornithologues bénévoles ou professionnels sont mobilisés encore cet hiver sur le terrain pour le dénombrer, afin de mieux appréhender la distribution et les tendances de cette population fragile.

Les Pyrénées sont le premier site d’accueil de l’espèce en France en hiver avec l’an dernier 5300 oiseaux recensés sur 120 dortoirs. Le réseau Milan royal des Pyrénées, regroupant près de 200 observateurs, ont préparé cette opération. Des sessions de prospection, de repérage sur tout le territoire et des opérations de pré-comptage sur les sites-dortoir connus auxquels les Milans royaux sont le plus souvent fidèles, sont organisées. En cette saison, les oiseaux se rassemblent à la tombée de la nuit en lisière de boisements. Ces sites rassemblent plusieurs dizaines d’individus venus passer l’hiver sur le piémont, nous offrant ainsi un spectacle crépusculaire exceptionnel, du mois de novembre à la fin Janvier.

Espèce strictement européenne, classée vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, en France, où vit la seconde population mondiale, le Milan royal fait l’objet d’un Plan National d’Actions coordonné par la LPO et mis en œuvre par un réseau de structures environnementales, sans lesquelles son application serait impossible. Les Pyrénées qui constituent l’un des derniers bastions pour cette population, jouent un rôle déterminant pour sa conservation,… une conservation mise au défi d’un paradoxe puisque, simultanément à la protection légale des rapaces, l’État autorise par arrêté préfectoral, l’empoisonnement de leurs proies, engendrant chez les espèces nécrophages de véritables hécatombes !

Espèce facilement identifiable, avec ses couleurs vives, teintées de roux, sa queue fourchue et sa silhouette effilée aux allures désinvoltes, vous pouvez, vous aussi, participer à la préparation de ce comptage européen et contribuer à une meilleure connaissance de la répartition de l’espèce ! Si vous observez des rassemblements crépusculaires ou matinaux de plusieurs dizaines d’individus à l’orée de boisements, contactez votre association locale (liste ci-dessous) et/ou la coordination Milan royal Pyrénées : aurelie.deseynes@lpo.fr.

dortoirs-de-milans-royaux-ph-m-sabatier

Dortoirs de Milans royaux. Ph. M. Sabatier.

Liste des structures / associations locales…
Lire la suite

Faune. Bilan du comptage des Milans royaux.

Plus de 5000 Milans royaux hivernants dans les Pyrénées !

Plus de 5000 milans royaux hivernants dans les Pyrénées. Ph. M. Sabatier.

Plus de 5000 milans royaux hivernent dans les Pyrénées. Ph. M. Sabatier.

 

Ces oiseaux, répartis en 119 dortoirs, ont été dénombrés dans les Pyrénées lors du comptage européen organisé les 9 et 10 janvier derniers. Grâce à ce comptage coordonné par la LPO Pyrénées Vivantes pour l’ensemble du massif avec 16 organisations environnementales et 170 observateurs, c’est bien confirmé : le massif des Pyrénées est le premier site d’accueil de l’espèce en France en hiver.

Cette action est également l’occasion d’observer des milans royaux marqués dans d’autres territoires français ou européens. Ainsi, 12 milans royaux équipés de marques alaires (combinaison de couleurs sur le corps) et 9 Milans royaux équipés de balises GPS étrangères ont été observés. Originaires d’Espagne, de Suisse, de République Tchèque, d’Allemagne ou d’Autriche, ces individus suivis à la trace, fournissent de précieuses informations sur leurs déplacements pendant leur migration ou leur hivernage dans les Pyrénées. Des contacts ont été pris avec les responsables de ces programmes de marquage afin d’initier un travail de coopération.
Des contacts plus privilégiés avec les espagnols sont d’ores et déjà acquis pour la mise en œuvre d’un programme d’actions transfrontalier sur les rapaces nécrophages. Déposé auprès des services de l’Europe, les actions prévues au sein du programme ECOGYP devraient permettre de caractériser les services écologiques rendus par ces rapaces et notamment par le Milan royal. Ce travail conjoint de part et d’autre de la frontière permettra à cette espèce fragile de pouvoir lui assurer un avenir plus serein. En effet, le Milan royal, n’est présent qu’en Europe et voit ses effectifs décliner depuis plusieurs décennies, il bénéficie à ce titre d’un plan national d’actions.

Liste des structures participantes…

SAIAK, Hegalaldia, Mifenec, le Groupe d’Etudes Ornithologiques du Béarn, le réseau avifaune de l’ONF, le Parc national des Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées, le Groupe Ornithologique Gersois, les étudiants du BTS GPN de Mirande, l’Association des Naturalistes Ariègeois, les LPO Aquitaine, Haute-Garonne, Aude, Mission Rapaces, Nature Comminges, Cerca Nature, Association Ch. Flahault.

Montagne Pyrénées. Protection de la Faune.

Condamnation historique en faveur des Vautours fauves !

Le Vautour fauve atteint les 2m50 d'envergure. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve atteint les 2.50m d’envergure. Ph. Br. Berthémy.

C’est une condamnation sans précédent qui vient d’être rendue mardi 25 novembre 2014. Un éleveur, situé en Ariège (09), vient d’écoper de 7500 € d’amende plus 700 € à verser aux associations parties civiles et du retrait de son permis de chasse pendant 1 an.

Il avait tiré à deux reprises avec une carabine équipée d’un silencieux, d’un trépied et d’une lunette de visée sur un Vautour fauve près de Saint-Félix-de-Rieutord. La LPO qui s’était portée partie civile avec FNE et le Comité écologique ariégeois (CEA), espère que cette décision fera école et jouera un rôle suffisamment dissuasif à l’heure où l’on assiste à une recrudescence des rapaces tirés ou empoisonnés.

Une condamnation sans précédent

Le verdict est tombé mardi 25 novembre 2014 et les réquisitions du parquet ont été reprises. Au niveau pénal, cet éleveur qui avait délibérément tiré et tué un vautour fauve, l’accusant de s’en prendre aux brebis, a été condamné :
– à 7500 € d’amende dont 6000 € avec sursis (soit 1500 € d’amende effective) ;
– au retrait de son permis de chasse pendant 1 an ;
– à verser aux 3 associations parties civiles la somme de 500 € au titre des dommages et intérêts et 200 € au titre des frais, soit 700 € chacune.
Au total, il est donc condamné à 3 600 € de sanctions financières.

Un espoir pour les Vautours fauve ?

Il est important de rappeler que les vautours en tant qu’oiseaux nécrophages n’interviennent que sur les animaux immobiles donc des animaux morts ou exceptionnellement mourants. Ils ne font dans ces cas-là qu’anticiper une mort certaine. « Leur morphologie et leur comportement ne leur permettent pas de tuer un animal en bonne santé ni en pleine possession de ses moyens comme le ferait tout simplement un prédateur », assure Olivier Duriez, ornithologue et enseignant-chercheur au Centre d’Écologie Fonctionnelle & Evolutive de Montpellier 2.
Par ailleurs, les Vautours fauves sont de véritables équarrisseurs naturels : en nettoyant les pâturages des cadavres de bétail, ils rendent service aux éleveurs et évitent ainsi la propagation de maladies contagieuses ou la pollution bactériologique des nappes phréatiques par l’intermédiaire des eaux de ruissellements.
Dans ce même combat pour la réhabilitation des vautours, la LPO déplore que l’arrêté du Préfet de l’Ariège de septembre dernier autorisant les tirs d’effarouchement des vautours, – arrêté que la LPO, le CEA et FNE viennent d’attaquer au tribunal administratif de Toulouse- soit en application. La LPO se demande dans quelle mesure ce type d’autorisation ne favorise-t-il pas ce genre de comportement hostile aux rapaces protégés.

Montagne Pyrénées. Faune.

Vautours fauves… Des analyses pour mettre fin à l’instrumentalisation et revenir à la raison !

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Les Vautours fauves sont des rapaces nécrophages qui consomment des cadavres, jouant pleinement leur rôle d’équarrisseurs naturels et d’agents d’élimination des éléments pathogènes des écosystèmes montagnards. Dans de rares cas particuliers (mise bas difficile sans surveillance, bêtes blessées ou malades), opportunistes, ils peuvent anticiper la mort d’un animal.

Sans vérification, sans analyse, sans recoupement, le Vautour est jeté en pâture à la vindicte publique. Ce climat de défiance, de dénonciation systématique, n’est profitable à personne :
– il jette l’anathème sur une espèce protégée dont le lien avec le pastoralisme concourt à l’équilibre des milieux montagnards et à leur gestion sanitaire,
– il amène certaines structures impliquées dans le dossier à prendre des postures caricaturales et empêche ainsi le nécessaire développement d’une réflexion et d’un dialogue serein quant à l’avenir de l’élevage en milieu montagnard.
Il faut sortir du flou, de la suspicion et de l’instrumentalisation, avoir des éléments indiscutables pour pouvoir agir. Aujourd’hui, les seuls chiffres dont nous disposons remontent à plus de 18 mois : seulement 16% des constats établis par les agents assermentés de l’État (Soit 8 cas confirmés sur 52 déclarations en 2012 (Source : ONCFS)) confirment un rôle des vautours dans la mortalité du bétail en situation de difficulté (mise-bas difficile sans surveillance, bêtes blessées ou malades).

Qui peut permettre de faire toute la vérité, de rétablir la confiance et d’apaiser les tensions ?

– Des analyses vétérinaires indépendantes et systématiques, pour compléter les constats effectués par les agents de l’État, dès l’instant où un éleveur manifeste un doute à propos de l’intervention de Vautours fauves sur du bétail domestique,
– La publication trimestrielle des résultats de ces analyses et des constats réalisés par personnel assermenté avec une information spécifique auprès de tous les acteurs impliqués dans ce dossier (gestionnaires d’estives, éleveurs, vétérinaires, associations de protection de la nature…).
Ces éléments rationnels devraient permettre de sortir de cette controverse.
Les signataires ci-dessous réitèrent leurs demandes pour qu’une décision dans ce sens soit prise par l’État afin de garantir une coexistence durable apaisée dont vautours et pastoralisme profiteront tous deux.

Liste des signataires :

LPO : Gwenaëlle Plet, tél 05 62 97 27 02, gwenaelle.plet@lpo.fr ; Yves Roullaud, tél, 06 37 03 69 01, yves.roullaud.aude@lpo.fr ; Laurent Couzi, tél, 05 56 91 33 81, laurent.couzi@lpo.fr.

Association La Frênette Gestionnaire Réserve Naturelle Régionale d’Aulon : Maurice Dubarry, tél, 06 82 06 32 04, maurice.dubarry@orange.fr.

Nature Midi Pyrénées : Antoine Gaillard, tél, 05 34 31 97 97, a.gaillard@naturemp.org.

Pays de l’Ours : Alain Reynes, tél, 06 13 59 29 76, a.reynes@paysdelours.com.

Groupe Ornithologique du Roussillon : Lionel Courmont, tél, 04 68 51 20 01, gor2@orange.fr.

Association des Naturalistes de l’Ariège : Julien Vergne, tél, 05 61 65 80 54, julien.v@ariegenature.fr.