Montagne Pyrénées. Protection de la Faune.

Condamnation historique en faveur des Vautours fauves !

Le Vautour fauve atteint les 2m50 d'envergure. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve atteint les 2.50m d’envergure. Ph. Br. Berthémy.

C’est une condamnation sans précédent qui vient d’être rendue mardi 25 novembre 2014. Un éleveur, situé en Ariège (09), vient d’écoper de 7500 € d’amende plus 700 € à verser aux associations parties civiles et du retrait de son permis de chasse pendant 1 an.

Il avait tiré à deux reprises avec une carabine équipée d’un silencieux, d’un trépied et d’une lunette de visée sur un Vautour fauve près de Saint-Félix-de-Rieutord. La LPO qui s’était portée partie civile avec FNE et le Comité écologique ariégeois (CEA), espère que cette décision fera école et jouera un rôle suffisamment dissuasif à l’heure où l’on assiste à une recrudescence des rapaces tirés ou empoisonnés.

Une condamnation sans précédent

Le verdict est tombé mardi 25 novembre 2014 et les réquisitions du parquet ont été reprises. Au niveau pénal, cet éleveur qui avait délibérément tiré et tué un vautour fauve, l’accusant de s’en prendre aux brebis, a été condamné :
– à 7500 € d’amende dont 6000 € avec sursis (soit 1500 € d’amende effective) ;
– au retrait de son permis de chasse pendant 1 an ;
– à verser aux 3 associations parties civiles la somme de 500 € au titre des dommages et intérêts et 200 € au titre des frais, soit 700 € chacune.
Au total, il est donc condamné à 3 600 € de sanctions financières.

Un espoir pour les Vautours fauve ?

Il est important de rappeler que les vautours en tant qu’oiseaux nécrophages n’interviennent que sur les animaux immobiles donc des animaux morts ou exceptionnellement mourants. Ils ne font dans ces cas-là qu’anticiper une mort certaine. « Leur morphologie et leur comportement ne leur permettent pas de tuer un animal en bonne santé ni en pleine possession de ses moyens comme le ferait tout simplement un prédateur », assure Olivier Duriez, ornithologue et enseignant-chercheur au Centre d’Écologie Fonctionnelle & Evolutive de Montpellier 2.
Par ailleurs, les Vautours fauves sont de véritables équarrisseurs naturels : en nettoyant les pâturages des cadavres de bétail, ils rendent service aux éleveurs et évitent ainsi la propagation de maladies contagieuses ou la pollution bactériologique des nappes phréatiques par l’intermédiaire des eaux de ruissellements.
Dans ce même combat pour la réhabilitation des vautours, la LPO déplore que l’arrêté du Préfet de l’Ariège de septembre dernier autorisant les tirs d’effarouchement des vautours, – arrêté que la LPO, le CEA et FNE viennent d’attaquer au tribunal administratif de Toulouse- soit en application. La LPO se demande dans quelle mesure ce type d’autorisation ne favorise-t-il pas ce genre de comportement hostile aux rapaces protégés.

Montagne Pyrénées. Préservation de la Faune.

Un Milan royal abattu par un braconnier avec permis de chasser dans les Hautes-Pyrénées (65) !

Un Milan royal en vol est facilement reconnaissable. Ph. P. Harlé.

Un Milan royal en vol est facilement reconnaissable. Ph. P. Harlé.

Le 31 octobre 2014, un Milan royal a été la cible identifiée d’une personne en pleine activité de chasse, à Saint-Créac, dans les Hautes-Pyrénées. Les agents du service départemental des Hautes-Pyrénées de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), présents sur les lieux, ont pu identifier l’auteur de cet acte inadmissible, lui dresser un procès-verbal et récupérer l’oiseau blessé qui a immédiatement été confié à des vétérinaires.

Devant la gravité des blessures, le Milan royal a dû être euthanasié le 3 novembre. Cet acte de braconnage scandaleux et gratuit porte atteinte aux efforts déployés pour sauvegarder cette espèce protégée et menacée, présente seulement en Europe. Il s’agit d’un délit réprimé par la loi. La LPO et Nature Midi-Pyrénées portent plainte, se constituent partie civile et entendent bien, sur cette affaire mobiliser tous les moyens pour que l’auteur de cet acte volontaire soit sévèrement condamné. Le Milan royal est très facilement identifiable, toute confusion avec une espèce chassable est exclue.
La France abrite la seconde population mondiale et assume, à ce titre, une lourde responsabilité dans la conservation de ce rapace, présent uniquement en Europe. Pourtant, encore récemment, entre 2002 et 2008, la population nicheuse est passée de 3000-3900 couples à 2300-2900 couples (soit moins 20 %), alors même que l’espèce avait déjà connu une chute drastique de ses effectifs par le passé.
Encore commun il y a 30-40 ans dans l’Hexagone, ce rapace est aujourd’hui gravement menacé, fragilisé par la dégradation de son habitat, la disparition de ses proies, les empoisonnements et le tir illégal. Pour la seule année 2013, 40 cadavres de milans royaux ont été découverts sur le territoire national, sans qu’aucune recherche ciblée ne soit menée. La LPO et le réseau « Milan royal » ne cessent de dénoncer ces pratiques qui mettent à mal les efforts déployés au quotidien pour sauvegarder cette espèce patrimoniale.

Ce rapace disparaît progressivement de nos paysages… Lire la suite

EDF. Pour la protection du Gypaète Barbu dans les Pyrénées

EDF et la LPO, partenaires pour concilier protection du Gypaète Barbu et production d’hydroélectricité dans le massif pyrénéen.

Christian Caussidéry entouré de responsables de la LPO

Christian Caussidéry entouré de responsables de la LPO

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), Nature Midi-Pyrénées (NMP), l’Etat et EDF se sont retrouvés dans les locaux de l’usine hydroélectrique EDF de Beaudéan (65) pour affiner un partenariat initié en septembre 2011 pour la protection des rapaces sur le massif pyrénéen.
La convention, signée à l’occasion de cette rencontre, a pour but d’adapter la convention cadre Massif Pyrénéen signée en 2011, aux spécificités du site du Chiroulet, concerné, d’une part, par la présence d’un couple de Gypaètes barbus et d’autre part, par les activités d’exploitation des usines EDF du Chiroulet. Lire la suite