Pyrénées. Protection de la Faune.

Wingsuit sur les Quiés de Sinsat en Ariège… deux pratiquants condamnés !

Le Gypaète barbu ou Casseur d'os. Ph. M. Kakzmar

Le Gypaète barbu ou Casseur d’os, une espèce protégée. Ph. M. Kakzmar

Le 8 décembre 2013, un agent de l’ONF observe deux adeptes du wingsuit (saut du haut des falaises avec combinaisons souples suivi d’un vol en parachute) qui s’élancent du haut des Quiés de Sinsat dans la zone réglementée par l’Arrêté préfectoral de Protection de Biotope en pleine période d’interdiction. La LPO et Nature Midi-Pyrénées portent plainte.

Le 19 octobre dernier, la décision du juge du Tribunal de Foix est tombée : ces deux pratiquants sont condamnés pour violation de l’Arrêté préfectoral et perturbation intentionnelle d’une espèce protégée. Violation de l’arrêté préfectoral incontestable ! 1 200 euros d’amende pour chacun : c’est la peine prononcée par le juge de proximité contre ces deux «sauteurs de falaise», ces amateurs de sensations fortes qui s’élancent dans le vide avec de larges combinaisons destinées à freiner leur chute, et avec des parachutes destinés à terminer leur descente.
Les Quiés de Sinsat bénéficient d’un arrêté préfectoral de protection de biotope pour la préservation de l’habitat de plusieurs espèces de rapaces protégés (Faucon pèlerin, Aigle royal, Vautour percnoptère, et Gypaète barbu, espèce bénéficiaire en outre d’un Plan national d’actions eu égard à son statut de conservation très précaire en France). Cet arrêté du 21 mars 1989, renouvelé et complété le 19 janvier 2013, interdit notamment « la pratique du BASE jump et autres activités assimilées à partir de ces sites », « la pratique de l’aile volante, du parachute et du parapente, à partir de ces sites, le vol et le survol de ces mêmes engins à moins de 500 mètres des parois ».
Un calendrier de pratique et un zonage du site sont précisés dans l’arrêté et portés à connaissance des pratiquants des sports de nature par des panneaux d’information implantés sur le parking au pied des Quiés. Or ces deux adeptes du wingsuit se trouvaient dans la zone de l’arrêté préfectoral et en pleine période d’interdiction et ce malgré l’information disponible sur site !

Perturbation intentionnelle du Gypaète barbu établie !

Installé depuis 2001, seules deux reproductions ont été menées à bien en 2005 et 2006 par le couple présent. Particulièrement sensible au dérangement du 1er novembre au 15 août, le Gypaète barbu bénéficie, comme toutes les espèces d’oiseaux protégées de l’interdiction de perturbation intentionnelle en vertu de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés en France.
Au moment de la préparation du saut, l’agent de l’ONF a observé un Gypaète adulte en train de voler à environ 50 m des pratiquants postés en haut des falaises et à l’aplomb du nid. Il a photographié la scène. Ce Gypaète avait un comportement inhabituel et était visiblement très stressé. Le saut requiert une concentration maximale portant sur les conditions de vol du moment, l’oiseau n’a pu passer inaperçu aux yeux des sauteurs.
Les sauteurs, par ailleurs pratiquants de l’escalade depuis de nombreuses années, ne pouvaient ignorer la présence de cette espèce et la réglementation du site. Ce saut a mis en péril la reproduction de l’année en causant l’abandon temporaire du nid. Le juge a établi, en l’espèce, la perturbation intentionnelle.
Les pratiques nouvelles des sports de nature (BASE jump, wingsuit, high line, saut pendulaire…) qui tendent à se développer dans les Pyrénées, portent en elles un idéal de liberté pour certains. Cependant, elles ne peuvent se pratiquer n’importe où et n’importe quand. Elles ne sont pas hors du droit : le respect de la réglementation applicable aux sites de pratique et aux espèces est la base d’une éthique sportive.
C’est ce que vient juste de rappeler cette décision du tribunal de grande instance de Foix…

Parc national des Pyrénées. Faune.

Les vautours, de si illustres méconnus…

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Parfois malmenés, si souvent admirés, les vautours ne laissent pas indifférents. En France, sur les quatre espèces de rapaces strictement nécrophages (Famille des accipitridés), trois sont présentes sur le territoire du Parc national des Pyrénées : Gypaète barbu, Vautour percnoptère et Vautour fauve (le Vautour moine n’étant pas nicheur).

Samedi 05 septembre, la journée internationale de sensibilisation aux vautours coordonnée par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) est l’occasion de mettre en lumière les actions menées par le Parc national des Pyrénées en faveur de ces espèces remarquables et indispensables aux écosystèmes pastoraux. http://journee-vautours.lpo.fr/vautours.php

Les missions du Parc national des Pyrénées

Depuis toujours présents dans le ciel Pyrénéen, Gypaètes barbus, Vautours percnoptères, Vautours fauves sont des espèces protégées qui jouent un rôle d’équarrisseurs naturels de nos montagnes. Dès sa création en 1967, le Parc national s’est attaché à inventorier et suivre les populations de grands rapaces présents sur son territoire et pour lesquelles il avait une responsabilité de conservation forte. Deux espèces sont aujourd’hui concernées par la veille écologique mise en place sur les grands rapaces : le Gypaète barbu (13 couples) et le Vautour percnoptère (25 couples).
Menée sur les grands rapaces, elle consiste à suivre chaque année, l’évolution de la reproduction de la totalité ou d’une partie des couples présents sur le territoire du Parc national des Pyrénées. En fonction des espèces, le suivi est réalisé entièrement par les gardes-moniteurs du Parc national (cas du Vautour fauve) ou en collaboration avec d’autres structures (associations LPO et Groupe d’Études Ornithologiques Béarnais (GEOB) pour le Vautour percnoptère et de la Réserve naturelle régionale d’Aulon et l’Office National de la Chasse et de la faune sauvage, l’Office National de la Faune, Nature Midi-Pyrénées et la LPO).
Le Parc national des Pyrénées s’attache à cette veille écologique. Elle permet d’identifier les facteurs limitant la bonne reproduction ou survie des individus (ex : dérangement) dans l’objectif de mener, le cas échéant, des actions de conservation adaptées. La présence des grands rapaces est d’ores et déjà systématiquement prise en compte dans les porter à connaissance ou avis rendus par le Parc national en zone cœur ou aire optimale d’adhésion.

Conventions avec les utilisateurs de l’espace aérien… Lire la suite

Montagne Pyrénées. Faune.

Vautours fauves à la curée, scène de la vie ordinaire des estives…

Les Vautours fauves à la curée.

Les Vautours fauves à la curée.

Fin juin aux alentours du Col des Veaux au Pays Basque (64), une randonneuse effectuant le GR10 dit avoir vécu, le 3ème jour de sa traversée des Pyrénées, une « expérience angoissante » : une quarantaine de vautours fauves affairés à manger une carcasse de cheval sur le sentier l’auraient encerclée et menacée. Cette affirmation a été relayée récemment par la presse régionale et nationale.

Qu’en est-il réellement ?

Le vautour fauve avec ses 2,50 d’envergure, 1 mètre de haut et ses 8 à 11 kilos est un oiseau au gabarit impressionnant pour qui n’en a jamais vu de près. C’est aussi un oiseau grégaire. Nichant en colonies sur les falaises, il est fréquent de voir plusieurs individus évoluant en même temps dans le ciel. Quant l’un d’entre eux découvre grâce à sa vue performante un animal mort dans les estives, et que le lieu de la découverte semble tranquille, c’est la curée : des dizaines de vautours arrivent des quatre coins du ciel, se posent et entament, par les orifices, les viscères et autres parties molles de la bête.
Des cris, des postures d’intimidation voire des bagarres entre individus, des têtes et cous de vautours qui s’enfoncent dans la carcasse, l’odeur de putréfaction de la charogne… Pour qui n’a jamais vu cette scène, cela peut paraître impressionnant. Si les vautours sont dérangés par quelques randonneurs qui passent par là, alors ils s’envolent pour aller se poser à proximité ou patienter en vol le temps que les intrus s’éloignent du lieu de leur repas. Dès l’instant où les intrus sont suffisamment loin, les vautours reviennent rapidement consommer la carcasse et terminer leur travail d’équarrissage naturel. Aucun risque pour les intrus, le seul objectif des vautours, c’est la carcasse !
Cette scène est finalement une scène ordinaire, naturelle et quotidienne de la vie des estives pyrénéennes depuis des millénaires ! Les vautours assurent la basse besogne de faire disparaître efficacement les bêtes mortes en montagne laissées par les éleveurs, soit plusieurs milliers de tonnes par an.

Une relation à bénéfice réciproque !

Ils évitent la contamination des sources et limitent la propagation des virus et bactéries contenues dans des charognes en putréfaction. Si les randonneurs sont amenés à observer à distance une curée de vautours et qu’ils sont impressionnés par la scène, ils le seront bien plus par l’incroyable efficacité du travail de nettoyage et le service de salubrité publique que ces oiseaux nous rendent !

Faune des Pyrénées. Protection du Gypaète barbu.

Pyrénées-Atlantiques (64) : Un gypaète barbu adulte tiré ! Un de plus !

Ce Gypaète barbu a été pris en charge par les Gardes Moniteurs du Parc national des Pyrénées. Ph. D. Peyrusqué.

Ce Gypaète barbu a été pris en charge par les Gardes Moniteurs du Parc national des Pyrénées. Ph. D. Peyrusqué.

Jeudi 9 avril à 15h, un gypaète adulte visiblement blessé est repéré par les agents du Parc national des Pyrénées dans le secteur du Fort du Portalet en Vallée d’Aspe. Il a pu être récupéré en toute fin de soirée par les agents.

Emmené d’urgence au centre de soins Hegalaldia, l’oiseau a été rapidement radiographié : il montre un plomb de chasse de petit calibre au fémur et une blessure importante à la patte gauche ainsi qu’un poumon perforé. Les blessures additionnelles semblent être dues à une collision contre un câble électrique.
Triste record pour les Pyrénées-Atlantiques : après le gypaète adulte Benigno tué suite à un tir en novembre 2013 au Pays Basque, un gypaète adulte tiré mortellement en Vallée d’Aspe en 2008, il s’agit du troisième cas connu de tir en huit ans dans les Pyrénées-Atlantiques.
Triste nouvelle pour les Gypaètes : 40 couples dont 8 seulement dans les Pyrénées-Atlantiques sont dénombrés sur le versant nord des Pyrénées par le réseau « Casseur d’os ».
L’oiseau tiré est un adulte reproducteur dont les plaques incubatrices sont visibles. Les jours prochains permettront probablement de vérifier s’il s’agit d’un adulte de l’un des 8 couples du département.
Toute perte d’un couple est préjudiciable pour l’espèce et la perte d’un adulte reproducteur est d’autant plus grave que les couples mettent des années à se former et qu’une reproduction réussie n’intervient en moyenne que lorsque ces oiseaux ont atteint l’âge de 11 ou 12 ans : encore faut-il qu’ils arrivent à vivre jusque là !
Devant cet acte illégal, la LPO porte plainte contre X pour atteinte à une espèce protégée par tir en dehors de la période de chasse. Cet acte scandaleux renforce encore la détermination des 70 structures partenaires qui s’investissent chaque jour pour la préservation de cette espèce à travers les Pyrénées via le Plan national d’actions du Ministère de l’écologie dont l’animation a été confiée, pour l’ensemble du massif, à la LPO Pyrénées Vivantes.

Plus d’infos sur http://www.pourdespyreneesvivantes.fr

Faune des Pyrénées. Tout savoir sur les Vautours.

Vautours dans les Pyrénées, le tour de la question en 10 réponses !

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Le Vautour fauve. Ph. Br. Berthémy.

Pour les Pyrénées, la LPO Pyrénées vivantes coordonne, sous l’égide de l’État, les plans nationaux d’actions des espèces de vautours les plus menacées, Gypaète barbu et Vautour percnoptère, en partenariat avec plus de 70 organismes du massif des Pyrénées.
Voici les questions les plus fréquemment posées par le public sur le sujet…

« Quels sont les effectifs des vautours présents dans les Pyrénées ? »

Les 4 espèces de vautours présentes dans les Pyrénées sont :
– le Gypaète barbu avec 39 couples versant nord et 126 couples versant sud,
– le Vautour percnoptère avec 73 couples versant nord et environ 300 versant sud,
– le Vautour moine est présent seulement sur le versant sud en Catalogne avec 6 couples,
– le Vautour fauve avec 826 couples versant nord et une population évaluée à 9000 couples entre la Navarre, l’Aragon, la Catalogne.

« Comment la population de vautours fauves a-t-elle évolué ces dernières années ? »

Un inventaire de la population de vautours fauves réalisé en 2012 par la LPO et ses partenaires a permis de dénombrer 767 couples dans les Pyrénées Atlantiques, 55 couples dans les Hautes-Pyrénées, 2 couples en Haute-Garonne, aucun en Ariège et dans les Pyrénées-Orientales et 8 couples dans l’Aude, soit 832 couples au total. En 2007, le même inventaire avait dénombré 525 couples, soit une augmentation moyenne annuelle d’environ 10%.

« La ressource alimentaire dans les Pyrénées est-elle suffisante pour nourrir tous les vautours ? »

Un vautour fauve a besoin en moyenne de 300 à 350 kg de cadavres par an. Les Pyrénées accueillent près d’un million d’ovins en production laitière ou viande. Les pertes habituelles des éleveurs en montagne sont en moyenne de 3% par été. Le cheptel présent sur la zone montagne et la population d’ongulés sauvages suffisent largement à nourrir l’ensemble de la cohorte des nécrophages à l’année.

« Un vautour fauve peut-il consommer des animaux vivants ? »… Lire la suite

Montagne Pyrénées. Protection de la faune pyrénéenne.

EDF et la LPO partenaires pour la préservation du Vautour percnoptère.

Vautour percnoptère. Ph. B. Berthémy.

Vautour percnoptère. Ph. B. Berthémy.

Une convention de partenariat entre EDF et LPO a été signée afin d’assurer la préservation du Vautour percnoptère.

Après une étude fine des travaux à venir sur les installations hydroélectriques EDF et une analyse des enjeux « rapaces » sur cette même zone, des mesures d’atténuation ont été définies d’un commun accord :
– les moyens héliportés nécessaires aux chantiers hydrauliques seront utilisés en dehors de la période de sensibilité (1er mars – 15 septembre).
– les échanges d’informations entre les signataires sur l’état de la reproduction des oiseaux nicheurs et sur les projets de travaux de maintenance d’EDF seront optimisés.

73 couples recensés sur les Pyrénées

En 2014, 73 couples de Vautour percnoptère ont été recensés sur le versant nord des Pyrénées, dont 12 dans les Hautes-Pyrénées. En 2011, une convention-cadre avait été signée par l’État, EDF et la LPO Pyrénées vivantes à l’échelle du massif des Pyrénées. Elle posait les bases pour une cohabitation harmonieuse entre les activités hydroélectriques et la présence des rapaces bénéficiaires de plans nationaux d’actions que sont le Gypaète barbu et le Vautour percnoptère. Depuis cette date, et en application des principes généraux de la convention-cadre, des conventions filles ont été signées en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées.
Récemment, une concertation locale a été menée entre le Groupement d’usines hydroélectriques EDF de Campan (65), l’État, la LPO Pyrénées Vivantes et Nature Midi-Pyrénées afin de prendre en compte la présence de deux couples de Vautour percnoptère.
Il faut espérer que ce travail en commun puisse être récompensé par le succès de la prochaine reproduction et l’envol de jeunes vautours percnoptère l’été prochain.

Faune des Pyrénées. Les Milans royaux passent l’hiver dans les Pyrénées.

Plus de 4 000 Milans royaux font le choix des Pyrénées pour passer l’hiver…

Milans royaux au dortoir. Ph. P. Harlé

Milans royaux au dortoir. Ph. P. Harlé

Pour la 9ème année consécutive, dans plusieurs pays européens, se déroule un comptage simultané des dortoirs de Milans royaux hivernants. Cette espèce, classée vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature est en effet strictement européenne. En France, elle bénéficie d’un Plan national d’action piloté par l’État et mis en œuvre par la LPO.

Ainsi, les 10 et 11 janvier derniers en Suisse, Espagne, Italie, Allemagne, Portugal, Danemark, République tchèque, Belgique, Luxembourg et en France, les ornithologues amateurs ou professionnels sont mobilisés pour dénombrer les oiseaux sur les dortoirs, lieux de rassemblement nocturne.
Le réseau Milan royal Pyrénéen, animé par la LPO Pyrénées Vivantes, a cette année encore démontré son dynamisme et son implication ! Près de 170 observateurs issus de 17 structures environnementales ont participé à l’opération.
Les résultats démontrent à nouveau que les Pyrénées sont le premier site d’accueil de l’espèce en France en hiver : plus de 4000 milans royaux sur 90 dortoirs, répartis sur 7 départements, ont pu être dénombrés. Ces résultats sont sensiblement identiques à ceux des années passées, malgré un début d’hiver peu marqué et tardif.
Cette action est également l’occasion de contrôler la présence et la fidélité d’oiseaux étrangers ou issus d’autres territoires français. 12 milans royaux équipés de marques alaires ont pu été identifiés :
ils sont originaires d’Allemagne, de Lorraine, de Rhône-Alpes ou d’Auvergne. Et enfin, observation insolite, pour la 3ème année consécutive et toujours dans le même périmètre, un milan royal leucique a été observé dans le piémont. Son plumage exceptionnellement blanc écru, n’a pas trompé les observateurs du réseau !

Liste des structures participantes…

SAIAK, Hegalaldia, Mifenec, Groupe d’Etudes Ornithologiques Béarnais, réseau avifaune de l’ONF, Parc national des Pyrénées, Réserve naturelle régionale Pibeste-Aoulhet, Nature Midi-Pyrénées, Groupe Ornithologique Gersois, les étudiants du BTS GPN de Mirande, Association des Naturalistes de l’Ariège, LPO Aquitaine, LPO Haute-Garonne, LPO Aude, LPO Pyrénées Vivantes, Nature Comminges, Cerca Nature, Association Ch. Flahault.

Plus d’infos sur http://www.pourdespyreneesvivantes.fr