Faune. Décès d’un Gypaète barbu.

Un gypaète mort près de Villefranche de Conflent (66) !

Gypa Beille

Gypaète barbu en vol. Ph. M. Kakzmar.

Le 20 février dernier, Pascal Borreill, conducteur de train, découvre le cadavre d’un gypaète barbu sur la voie ferrée, à hauteur de Villefranche de Conflent. L’oiseau en parfait état était un adulte caractéristique : couleur ventrale orangée, immenses ailes gris-ardoisé et barbiche noire…

Un membre de la SNCF prévient alors Olivier Salvador de la Fédération des Réserves Naturelles Catalanes (FRNC) qui alerte à son tour les personnes impliquées dans le suivi de ce rapace montagnard menacé de disparition en Europe : le réseau se mobilise. Le cadavre est recueilli par l’agent de l’environnement Gilles Caffort et congelé dans les locaux de l’ONCFS à Prades, le temps d’organiser son transfert vers l’Ariège où il sera autopsié. L’agente Angèle Pialot de l’ONCFS-Ariège récupère le cadavre au col du Puymorens où ses collègues catalans l’ont amené, puis le transporte jusqu’au laboratoire vétérinaire de Tarascon (09). Là, il est radiographié et autopsié par le Dr Lydia Vilagines, vétérinaire spécialiste des rapaces nécrophages pyrénéens ; des prélèvements sont faits et envoyés au laboratoire spécialisé en éco-toxicologie Vétagro-Sup de Lyon. Les résultats de ces recherches sont en attente et seront communiqués ultérieurement.
Malheureusement ce gypaète était un oiseau reproducteur, un mâle, et sa mort coïncide avec le constat d’échec de reproduction du couple reproducteur local effectué par Claude Gautier de l’association Cerca Nature, le lendemain de la découverte du cadavre !

Un oiseau rare…

Les gypaètes sont rares car ils ne se reproduisent généralement pas avant l’âge de 8 ans, un âge tardif que tous n’atteignent pas. La perte d’un individu reproducteur est un coup dur pour le département des Pyrénées-Orientales, où un seul couple niche encore actuellement.
Rappelons que le Gypaète barbu fait l’objet d’un Plan National d’Actions mené par le Ministère en charge de l’Environnement depuis 1997 et coordonné par la DREAL Aquitaine Limousin Poitou-Charentes qui en a délégué l’animation pyrénéenne à la Ligue pour la Protection des Oiseaux. La mise en œuvre des actions est réalisée avec le soutien d’un réseau de partenaires techniques – dont la FRNC, l’ONCFS, l’ONF, Cerca Nature, la RNR de Nyer et le GOR dans le 66. Le gypaète niche à nouveau dans les Pyrénées-Orientales depuis 2002 grâce à de multiples d’actions mises en œuvre dans le cadre de ce Plan, avec le soutien des collectivités locales dont le Département des Pyrénées-Orientales et la Région Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon, de l’État et de l’Union Européenne.

Montagne Pyrénées. Réintroduction du Bouquetin dans les Pyrénées.

De nouveaux bouquetins attendus par… leurs congénères !

Lâcher d'un des bouquetins. PNP L. Nedelec.

Lâcher d’un des bouquetins. PNP L. Nedelec.

Lundi 25 mai 2015, sur le site du Clôt, au-dessus du Pont d’Espagne à Cauterets (65), sept nouveaux bouquetins ibériques, en provenance de la Sierra de Guadarrama près de Madrid, sont venus conforter la population de 24 adultes déjà relâchés depuis juillet 2014, sur le territoire du Parc national des Pyrénées.

Ce complément de 5 femelles et de 2 mâles, était particulièrement attendu afin de poursuivre le développement de la population. Un cabri né la semaine passée et la mort d’un mâle durant l’hiver portent désormais l’effectif à 31 individus. Un comité d’accueil sans pareil attendait ces nouveaux venus : quatre bouquetins d’un précédent lâcher étaient réunis sur le site. Ce lâcher s’est passé sans encombre. Les animaux, très vifs, ont rapidement pris du champ.
Cet événement a réuni une cinquantaine de spectateurs et de personnalités ainsi que des agents du Parc national des Pyrénées et de l’ONCFS des Hautes-Pyrénées.
A noter que les financeurs de ce programme de réintroduction sont l’Europe, l’État, la Région Midi Pyrénées, le Commissariat au massif des Pyrénées, le département des Hautes-Pyrénées, EDF, le parc animalier des Pyrénées et le Parc national des Pyrénées.

Le choix des sites de réintroduction… Lire la suite